Deux oracles.

oracles

 

Deux oracles.

Dont l’un dit le contraire de l’autre

c’est qu’ils ne brillent pas du même soleil

comme tout ce qui est à côté

évidemment je pourrais

ne pas les écouter

du moins je pourrais

n’en pas écouter un

et imaginer que l’autre

dit bien ce que j’aurais pensé

sans tout ce cirque de soleil

mais ils jouent en contrepoint

pour mieux cogner mon crâne

de leur rayonnement farouche

ils disent

ma fascination n’a d’égal que mon mépris

ils disent

va t’en, et prends bien soin de rester ici

ils disent comme tous disent

qu’il vaut mieux être deux à dire le contraire

que tout seul à penser pareil

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corso

je suis

tu es

si tout était aussi simple

cela en vaudrait-il

la peine?

car c’est plutôt

tu es

je suis

tu étais le fantôme

et maintenant je te suis

tu marches et je flotte

tu exhales et je respire

je erre dans ton sillon.

Je suis si content

que l’on ait échangé les rôles

Arnao, près du lac

Cher Eildan,

Arnao ça ne va pas bien loin mais c’est dense, d’ailleurs j’aimerais beaucoup, avec toi, danser le jerk sur de la musique pop.

Dense. Gravitent les chapeaux européens et les chapeaux italiens. Titubent les longs manteaux le long des vases.

Depuis mon banc de sardine, je vois les valseuses. Un musulman et son arabesque, un alcoolique et sa bourrée, un barbu et sa fourrée. Un vieux et sa chienne, qui me renifle les pieds.

Chapeau.

J’essaye de déterminer le sexe du jongleur, à mesure, qu’elle s’éloigne. Trop tard. Un éternuement à gauche. Un à droite. Un à gauche. Il y a Lord Byron en face, et Enrico Fermi, flottant, sans se parler. Suintant à peine. Tutoiement silencieux des barques, à demi ancrées. Verbania, aussi. Verbania, ça me fait penser à Banania.

Deux cyclistes en tenue de rigueur, entièrement moulés de jaune. sans sourire. Des motards en tenue de rigueur, entièrement gainés de noir. sans sourire. Mais les deux-roues ne voient pas les couleurs. Ils ne voient que les mouches.

Des gens font coucou. Quelqu’un se laisse regarder. Un avion rase, un rot rugit, de faux yeux rusent. Un capot râle, des drapeaux s’usent, des gars rossent. un garrot rouge, un fauteuil roule, un manteau rose et un carrosse.

Et le grand cerf-volant  cuivre, couvre, vole, le grand sac balance à mesure qu’il s’approche. Balance à mesure qu’il s’approche.

Danserons-nous?

Cuivres,

C.