Quiconque boit de cette eau aura encore soif

quirira

Rêvé qu’une copine demandait à une autre de lui ouvrir le dos pour lui appuyer sur le ventre par derrière.

Je proteste:  “idiot.

_Mais non tu vas voir. c’est ”

_Ah.”

Les vois pratiquer ce coït inattendu dans l’euphorie.

Ne se sent plus si bien.

Se sent mal. Très mal. Vautrée mollement sur l’angle droit du sol et du mur réunis, toute pâle.

Moelle épinière, pensai-je.

_Tu veux que je te fasse une tisane?”

Ai toujours l’impression d’être la samaritaine quand je fais infuser des herbes pour d’autres que moi-même

_Oui je veux bien.

__Qu’est-ce que tu aimes?

_Rien de particulier.

_Alors qu’est-ce que tu n’aimes particulièrement pas et que je dois éviter?

_Rien de spécial.

 

Ton autre toi qui est là, toujours rieur me dit qu’il faut aller chercher dans sa chambre.

Tu t’éclipses.

Dominant la profondeur obscure de ce rez-de-chaussée caméral jonché de boîte à sachets, je choisis un thé Lipton goût caramel. “c’est pas bon, mais l’odeur la réchauffera” pensai-je.

Je te retrouve dans la cuisine où je tire de l’eau au dessus d’une vasque très école publique des années trente.

Tu t’es transformé en femme complice, à ma droite.

Je suis pris de remords, accusant la qualité mon remède déplorable pour une si grave occasion. “Le thé c’est peut-être pas bon pour les intestins, ça risque d’aggraver son mal.” pensai-je

Tu me démontrais que je n’avais pas à m’en faire lorsque je croisai, à ma gauche, le profil qui ne sourit pas mais qui s’en lave les mains.

Ton toi de l’époque où j’ai existé

Maladroitement, je te tape sur le bras en riant aigu. Je dis ton prénom

Tu mets du temps à me regarder de face

Et puis tu me reproches, de m’être désintéressé de toi

à l’époque.

Au temps où.

Alors ce fut un quiproquo

Alors tu n’as pas cessé d’être

Alors je n’ai pas cessé d’être

Nous existons encore, finalement. Et cette fois ce n’est pas un rêve. C’est le dénouement. C’est la résolution.

[…]

Le réveil confirme, dans le grand dédain du petit jour, que les mondes ont passé.

C’est toujours le même désir. Le quiproquo, l’échange des rôles, une autre fin.

 

Et exister encore. Un petit peu.

 

 

 

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