Arnao, près du lac

Cher Eildan,

Arnao ça ne va pas bien loin mais c’est dense, d’ailleurs j’aimerais beaucoup, avec toi, danser le jerk sur de la musique pop.

Dense. Gravitent les chapeaux européens et les chapeaux italiens. Titubent les longs manteaux le long des vases.

Depuis mon banc de sardine, je vois les valseuses. Un musulman et son arabesque, un alcoolique et sa bourrée, un barbu et sa fourrée. Un vieux et sa chienne, qui me renifle les pieds.

Chapeau.

J’essaye de déterminer le sexe du jongleur, à mesure, qu’elle s’éloigne. Trop tard. Un éternuement à gauche. Un à droite. Un à gauche. Il y a Lord Byron en face, et Enrico Fermi, flottant, sans se parler. Suintant à peine. Tutoiement silencieux des barques, à demi ancrées. Verbania, aussi. Verbania, ça me fait penser à Banania.

Deux cyclistes en tenue de rigueur, entièrement moulés de jaune. sans sourire. Des motards en tenue de rigueur, entièrement gainés de noir. sans sourire. Mais les deux-roues ne voient pas les couleurs. Ils ne voient que les mouches.

Des gens font coucou. Quelqu’un se laisse regarder. Un avion rase, un rot rugit, de faux yeux rusent. Un capot râle, des drapeaux s’usent, des gars rossent. un garrot rouge, un fauteuil roule, un manteau rose et un carrosse.

Et le grand cerf-volant  cuivre, couvre, vole, le grand sac balance à mesure qu’il s’approche. Balance à mesure qu’il s’approche.

Danserons-nous?

Cuivres,

C.

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