rhumatismes

Mon très très cher,

je me cache. Ou me caché-je et pourquoi ? ou mieux : pourquoi me cachou ? Derrière les pierres d’une maison. Comme les lézards, à quelques écailles près.

Je me cache pour la seule raison qui vaille. J’attends que ça passe. Et j’attends ce qui vient ensuite. J’attends le printemps.

Je crois qu’il est là. Je le sens. J’attends d’être sure pour me déterrer. Douce orge, puisque l’été est femme. Doux queue j’essors. Puisque l’appendice est mâle. Je sors des labyrinthes. Pas ceux des pyramides d’Égypte. Non. Ceux de ma tête. Que je sache, (puise, que l’eau est bonne), on est jamais sorti des pyramides avec des cachous. Encore moins des cachets. Alors penses-tu, avec des vertiserc 16mg…

Je le sens pourtant. Oui quelque chose me pousse dans la gorge. Un pommier peut-être ?

Outre mes cheveux, vole sous mon nez quelque chose, un mélange d’agrume pourris et de purin, Une odeur pour le moins bucolique. rappelant la nature sous un bitume timidement bariolé, fendillé d’herbe, tâché de terre et d’humidité : les relents des poubelles avoisinantes qui se déclarent en suffocant, à la faveur des premiers degrés des angles aigus.

Un chat se tapit dans mon nombre. Elle porte un nom de pokémon. C’est mieux qu’un nom de blaireau. Un chien pousse son museau aussi loin que possible à travers les structures métalliques du balcon supérieur. Je vois sa truffe, son œil, et sa collerette Élisabeth en plastique anglais anti-lèche-cussinets, rappelant les plaies à peine cousues d’un hiver à peine éteint sous sa neige.

J’ai encore déménagé. Ici c’est pas pareil.

Au tout début j’avais des coccinelles. Ensuite j’ai eu des araignées. Maintenant des abeilles.

C’est pas pareil même si globalement, elles sont aussi connes que leurs copines à tarses et à tagmes. Et que c’est encore moi qui ramasse leurs corps abandonnés dans mes affaires.

C’est pas pareil mais de temps en temps, je discute avec une roumaine qui me fait relativiser.

Les roumaines ont un pouvoir relativisant. Tout du moins, un pouvoir relatif.

Elles disent « c’est comme ça ». C’est comme ça répètent-elles en chœurs différés. Elles ont sûrement raison. C’est sûrement comme ça. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement ?

Elles disent aussi. “Vois comme les années passent.” Et là encore. C’est imparable. Elles ont raison.

Tout remettre en ordre.

Après trois nuits sans sommeil Pâques est là. L’heure d’été.

Des hommes en sandales multicolores dans le velouté d’un costume poireaux. L’Abc de la morue, Plaisirs de la courge et autres lectures printanières.

Les gens perchés, disséminés, amusés pour une fois, de voir battre ce débit lent, bien plus lent qu’eux.

Tableau 2 : l’université de quelques peintres grecs. désertée il y a longtemps. Il ne reste plus que les mégots de cigarettes.

Sans la foule, dans son nu isolé. Comme l’intérieur d’un œuf éclos. Ou une cloche sans son battant.

bientôt ce sera la renaissance, Cher, très bientôt.

La foule, toujours elle, se reconfiner dans le passé de notre espèce. Regarder sans toucher. Toucher sans voir. Voir sans regarder.

À l’étage un homme a toussé sa dernière bouffée de nicotine.

Plus loin tousse une cloche en résonance.

On a tousse quelque chose dans l’oragorge.

Sauf un pommier que j’ai égaré.

Mais où sont les autruches ?

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