évacuée

Elle est allée jusqu’au numéro 55 de la rue et elle s’est arrêtée. Elle a posé son lourd sac et s’est tournée vers le soleil qui lui avait tapé dans le dos depuis trois longues minutes. Évidemment il s’arrêtait lorsqu’elle se retournait. Il jouait à un deux trois soleil. Mais elle ne jouait pas. Elle était fatiguée. Une fatigue terrible des jours où tous sont contents, trop contents, mais où vous ne devriez voir personne car un collier d’insultes est en train de se délier dans votre bouche que vos muscles sont secs et crispés comme ceux d’un vieux et que vos yeux sont las comme ceux d’une vielle.

Il ne devrait pas jouer avec vous. Il ne sait pas ne pas jouer. Parfois il tape trop fort. Il a tapé trop fort. Vous n’avez pas su pleurer mais que vous sentiez que c’était le moment. Il vous mis la pression. Le soleil ne sait pas être sérieux. Il tapait dans la petite cours derrière l’appartement, il tapait son jeu du midi, comme un enfant quand vient l’heure de la pause. Et il tapait encore sur la grosse camionnette blanche, pour jouer. Pour que l’on ouvre et qu’il cesse de taper. Mais on a pas ouvert. On a mis un bruit qui tapait dans les oreilles de tout le monde. Et tout ceux qui étaient contents se sont retournés, tous ceux qui jouaient parce que c’est facile de jouer avec le soleil regarde comme il est facile de lui faire plaisir et ça fait longtemps qu’on ne l’avait vu… Tous ceux là se sont retournés mais pas tous en même temps, seulement quand le bruit leur a tapé dessus, l’un après l’autre « t ta tap taP tAP TAP TAp Tap tap ap p »

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