vent couvert

nyx

Cette nuit je sens le souffre

so far

j’ai peur

je brûle de l’intérieur

l’œsophage

la lèvre inférieure

et un peu le poumon.

c’est encore une hallucination je sais

ha ouais

mais il faut que je souffle

au cœur

dans ton ballon

je le dis

à toi qui es loin

very loin

à mille sept cent soixante-dix-sept euros de moi

et qui es occupé

overbooké

avec tes trente-deux mille sept cent soixante seconde de moins

je te gonfle

parce que je t’aime

c’est absurde

et c’est joli

parce que si loin

from me

tu restes le plus proche

et quand je souffre court

c’est ton ombre que j’écorche

honte à moi

à toi

je te pète

les noix

qui es si occupé

de te parler

de mes problèmes

de bourdonner à ton oreille

very lointaine

mon air comprimé

de suffoquer à ton estime

clandestine

et il-tu

a répondu

qu’a-t-il dit

autrui

il a dit

l’abruti

qu’il n’y a pas de problème

je réponds si je peux

si je ne peux pas je ne réponds pas

et je n’ai pas de temps pour la déprime

ça ne m’affecte pas

et là je me suis sentie comme une merde

un peu.

Maintenant je t’en veux

morveux

brun-e

smoke on the water
Derrière ta bouche crue
on déborde les rives
un vent chavire les nues
Les accords de tes cils
mineurent.
Une octave en dessous
tu ris
Mille octaves au dessus
ça pleure
Un fat te tombe sur le nez
et ricoche à la clé
Cogne,
ça toc.
Rien n'est joué
c'est la pluie-lude
Revenant de très loin
tes bémols
à mi-chemin
depuis très loin
courent
les uns contre les autres
coulent
les mi dessous les fa
tapinent
les "hue" derrière les "ha" de ton masque saoulé
quelque chose a dérouillé
Ouvre,
on ploc.
Arpège m'en irai, âpre 
et toux. tu te tais 
toujours. Ton rire 
exact
frappe l'orage en arrière-
gorge. Ton rythme 
exarque
frippe l'écume 
aérienne et j'
entends le chant
le chantastique
La voix résille
le son des criques
qui fouille la terre 
qui fout la trique
remue les tripes
et ton briquet
qui met le feu à la mer
J'entends la brune et son crachin.

journée du presque

rue

Ce matin le facteur a presque déposé les livres que j’attendais. Mais la dame sénile qui me tient compagnie lui a indiqué que non, ça n’était pas mon adresse.

Ce midi on m’a presque rappelée pour un CDD à temps plein. Mais un stage non rémunéré à temps plein c’est bien aussi, non?

Ce soir tu as presque joui. La prochaine dame sénile qui ne me paie pas, je l’embauche.

Deux oracles.

oracles

 

Deux oracles.

Dont l’un dit le contraire de l’autre

c’est qu’ils ne brillent pas du même soleil

comme tout ce qui est à côté

évidemment je pourrais

ne pas les écouter

du moins je pourrais

n’en pas écouter un

et imaginer que l’autre

dit bien ce que j’aurais pensé

sans tout ce cirque de soleil

mais ils jouent en contrepoint

pour mieux cogner mon crâne

de leur rayonnement farouche

ils disent

ma fascination n’a d’égal que mon mépris

ils disent

va t’en, et prends bien soin de rester ici

ils disent comme tous disent

qu’il vaut mieux être deux à dire le contraire

que tout seul à penser pareil

persiennes

orJ’aime voir

lorsque tu ne vois plus.


J’aime voir lorsque tes paupières refont le monde

Tout retrouve sa naïveté d’origine

L’effronchement de tes sourcils s’échoue.

La dureté de tes mâchoires devient sourire

quand ton nez est descendu par le soleil

Ce sont de petites bulles d’or

qui s’ouvrent à la faveur des moulures imparfaites

du métal ;

à ta fenêtre ;

dont les lames arrêtent le crépuscule

et dont les arêtes lament le jour à naître

Mais l’aube est récalcitrante et pleine de sa pluie!

Et ta beauté, mon amour,

ta beauté fait l’amour avec elle, malgré toi

dans ton dos !

ton dos qu’elle caresse

mais aussi dans ton cou,

qu’elle embrasse ;

et elle l’engrosse d’autant de charmes

qui naissent sous tes veines

les battements de ton cœur

échos à peine éclos

fuient deux à deux sous mes lèvres

tac tac

Ils n’ont que le présent

tac

quel bruit fait le présent, mon amour ?

« En garde, Français ! »

Tac

Non !

ton cynisme est mort à l’instant.

Car tu dors, mon amour

et tout est beau, du monde,

depuis ton torse renversé.