persiennes

orJ’aime voir

lorsque tu ne vois plus.


J’aime voir lorsque tes paupières refont le monde

Tout retrouve sa naïveté d’origine

L’effronchement de tes sourcils s’échoue.

La dureté de tes mâchoires devient sourire

quand ton nez est descendu par le soleil

Ce sont de petites bulles d’or

qui s’ouvrent à la faveur des moulures imparfaites

du métal ;

à ta fenêtre ;

dont les lames arrêtent le crépuscule

et dont les arêtes lament le jour à naître

Mais l’aube est récalcitrante et pleine de sa pluie!

Et ta beauté, mon amour,

ta beauté fait l’amour avec elle, malgré toi

dans ton dos !

ton dos qu’elle caresse

mais aussi dans ton cou,

qu’elle embrasse ;

et elle l’engrosse d’autant de charmes

qui naissent sous tes veines

les battements de ton cœur

échos à peine éclos

fuient deux à deux sous mes lèvres

tac tac

Ils n’ont que le présent

tac

quel bruit fait le présent, mon amour ?

« En garde, Français ! »

Tac

Non !

ton cynisme est mort à l’instant.

Car tu dors, mon amour

et tout est beau, du monde,

depuis ton torse renversé.

corso

je suis

tu es

si tout était aussi simple

cela en vaudrait-il

la peine?

car c’est plutôt

tu es

je suis

tu étais le fantôme

et maintenant je te suis

tu marches et je flotte

tu exhales et je respire

je erre dans ton sillon.

Je suis si content

que l’on ait échangé les rôles

Arnao, près du lac

Cher Eildan,

Arnao ça ne va pas bien loin mais c’est dense, d’ailleurs j’aimerais beaucoup, avec toi, danser le jerk sur de la musique pop.

Dense. Gravitent les chapeaux européens et les chapeaux italiens. Titubent les longs manteaux le long des vases.

Depuis mon banc de sardine, je vois les valseuses. Un musulman et son arabesque, un alcoolique et sa bourrée, un barbu et sa fourrée. Un vieux et sa chienne, qui me renifle les pieds.

Chapeau.

J’essaye de déterminer le sexe du jongleur, à mesure, qu’elle s’éloigne. Trop tard. Un éternuement à gauche. Un à droite. Un à gauche. Il y a Lord Byron en face, et Enrico Fermi, flottant, sans se parler. Suintant à peine. Tutoiement silencieux des barques, à demi ancrées. Verbania, aussi. Verbania, ça me fait penser à Banania.

Deux cyclistes en tenue de rigueur, entièrement moulés de jaune. sans sourire. Des motards en tenue de rigueur, entièrement gainés de noir. sans sourire. Mais les deux-roues ne voient pas les couleurs. Ils ne voient que les mouches.

Des gens font coucou. Quelqu’un se laisse regarder. Un avion rase, un rot rugit, de faux yeux rusent. Un capot râle, des drapeaux s’usent, des gars rossent. un garrot rouge, un fauteuil roule, un manteau rose et un carrosse.

Et le grand cerf-volant  cuivre, couvre, vole, le grand sac balance à mesure qu’il s’approche. Balance à mesure qu’il s’approche.

Danserons-nous?

Cuivres,

C.